GB :"Pierre Jouvenal, pouvez-vous nous parler de l'épiphanie?"

PJ :"C'est une tradition qui remonte loin. Le mot "épiphanie" signie apparition, elle est célébrée le 6 janvier et correspond à l'arrivée des Rois Mages auprès de Jésus. Ils étaient trois, venus vraisemblablement d'Egypte. Pendant longtemps cette date a été considérée comme plus importante que Noël. En France, on a associé à la tradition la fameuse galette que nos voisins européens ne connaissent pas.

Ainsi, nous« tirons les rois » : une fève est introduite dans la galette et la personne que le sort désigne devient le roi ou la reine du jour. Ceci nous viendrait des Saturnales de la Rome antique.

Depuis le XIV ème siecle, la galette des roisest associée à cette fête. La tradition veut que l'on partage la galette en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière, appelée « part du Bon Dieu », « part de la Vierge » ou « part du pauvre », était destinée au premier pauvre qui se présenterait .

Dans certains endroits, le plus jeune enfant doit se placer sous la table, et tandis que la personne qui fait le service choisit un morceau, l'enfant désigne le destinataire de cette portion.

Dans le sud de la France,on parle, non pas de galette des rois, mais de brioche, en forme de couronne, garnie et couverte de fruits confits et de sucre . Un santon fait office de fève. Cependant, nombreux sont ceux qui, faisant fi de la tradition locale, abandonne la brioche au profit de la frangipane.

Nos voisins européens ont des coutumes somme toute assez similaires, tout du moins en Espagne et au Portugal. Ce jour est férié et les cadeaux sont distribués en lieu et place du jour de Noël.

En Belgique et aux Pays Bas: on mange également une galette . On retrouve le principe du plus jeune qui se cache sous la table pour désigner les parts et le roi du jour choisit sa reine. Pendant la journée les enfants parcourent les rues en chantant la chanson de l'étoile et font du porte à porte pour recevoir des mandarines et des bonbons. Cette coutume tend à disparaître en Belgique. Dans les campagnes flamandes cela se fait encore.

GB :"Votre métier est largement influencé par le calendrier, c'est bien mais en même temps, n'est-ce pas lassant de dépendre à ce point d'un rythme établi ?"

Souvent lorsqu'on me demande ce qui me plait le plus dans notre métier, je réponds : le plaisir qu'on ammène aux clients, le plaisir de jouer avec les saveurs et le plaisir de partager, grâce à nos produits, les moments privilégiés que nos clients passent en famille ou entre amis, c'est une relation très privilégiée dont on a conscience à chaque temps fort et c'est un vrai bonheur!.

Pour conclure, la convivialité fait partie intégrante de notre culture du goût et ce partage se retrouve totalement dans cette tradition des rois…